N. AFANASSIEFF

L'Eglise de Dieu dans le Christ

Avant-propos [1]

Les Limites de l'Eglise

Tel est le titre et le sujet de mon livre auquel je travaille actuellement. Cet ouvrage estla suite de mon livre"Ecclesia Spiritus Sancti"[2] que j'ai présenté à l'Institut de Théologie Orthodoxe comme thèse de doctorat.

Le thème de l'Eglise est le thème essentiel du mouvement oecuménique de nos jours, qui, dans son aspect fondamental, est un mouvement ecclésiologie et dont le but est l'unité de l'Eglise. Ce but exige, avant tout, la solution de la question des limites de l'Eglise, dans la mesure du possible.

Le problème des limites de l'Eglise ne peut être résolu que dans la recherche historique. L'église ancienne ne connaissait pas de "problème oecuménique" dans son aspect actuel. Cependant la question de l'unité de l'Eglise a été l'un des principaux thèmes de la théologie dès les débuts de l'Eglise, mais elle était posée différemment aux diverses époques de l'esse historique de l'Eglise. Pour la première fois elle a été posée, avec force, par Saint Cyprien de Carthage, sous la forme du problème de l'admission dans l'Eglise des hérétiques et des schismatiques. Pour notre conscience, ce problème a perdu de son acuité, mais la question' de l'unité des églises, qui en formait le fond, est toujours actuelle. Donc, en traitant le sujet de l'unité de l'Eglise, on ne peut pas négliger les débuts historiques; c'est- dire les controverses baptismales dans l'église ancienne.

Mon livre comprendra les chapitres suivants:

I) " L'admission des hérétiques et des schismatiques dans l'Eglise " : analyse des décisions des conciles nous amène à constater l'imprécision de pratique de l'église d'Orient.

II) " Extra ecclesiam nulla salus " : Ce chapitre sera consacré à l'exposé de l'argumentation de Saint Cyprien. De ses deux arguments essentiels ("l'Eglise est une", et "les sacrements s'accomplissent dans l'Eglise") le cond est indiscutable. On ne peut pas revoir le premier sans avoir exposé le doctrine sur l'Eglise de Saint Paul et des Pères de l'Eglise, prédécesseurs de Saint Cyprien.

III) " L'Eglise de Dieu dans le Christ " . Ce chapitre, central dans mon livre, sera consacré à la doctrine sur l'unité de l'Eglise de Saint Paul et des évangélistes. J'y arrive à la conclusion que la doctrine de Saint Paul est iquement eucharistique. En même temps je constate que le concept de l'église universelle n'existe pu chez Saint Paul indépendamment du concept de l'église locale, mais il lui est étroitement lié.

IV) " L'Eglise Catholique " : Ce terme apparait pour la première fois chez Saint Ignace dAntioche. Le chapitre IV sera consacré à l'analyse de doctrine sur" l'Eglise Catholique "

V) " Catholica " : Ce chapitre sera consacré à l'exposé de la doctrine de Saint Cyprien de Carthage sur l'église universelle ( " catholique "). Sa doctrine est le point de départ pour l'élaboration de l'ecclésiologie universelle, batie sur le principe de l'unité de l'épiscopat. Depuis lors I'Eucharistie esse d'être le " moment " essentiel dans l'Eglise, et I'ecclésiologie épiscopale remplace l'ecclésiologie eucharistique (celle de Saint Paul).

VI) " Les limites de I'Eglise " : Deux systèmes d'ecclésiologie, l'universelle et I'eucharistique, définissent différemment les limites de l'Eglise. La première part de l'unité de l'éplacopat, la seconde de la doctrine sur l'unité de l'Eucharistie.

VII) " Le problème actuel de l'unité de l'Eglise et de la réunion des églises " : La réalisation de l'union des églises dépend de la doctrine sur on unité, diversement définie dans les deux systèmes d'ecclesiologie. Pour esoudre le problème de l'union des églises nous devons, tout d'abord, déir et évaluer l'état présent du monde chrétien, sans quoi on ne peut pas arler de sa ré-union. Cette évaluation est différente dans les deux systèmes d'ecclésiologie, et les voies qui mènent à l'union sont donc diverses. Pour moi, pour autant que l'on puisse l'atteindre sur le chemin de l'histoire, union du monde chrétien ne peut être réalisee qu'à la condition deevenir à la conception eucharistique de l'Eglise et de son unité.



[1] Nous publions ici, comme avant-propos, le plan d'un grand ouvrage, présenté par le Père Nicolas Afanassieff à l'Institut de Théologie en 1950. Père Nicolas a écrit ce qui correspond, à peu près, à quatre chapitres de ce plan. Ensuite, absorbé par la publication d'études courtes et accessibles à un public plus large (notamment en français), il a abandonné son oeuvre sur " Les Limites de l'EgIise ".

Le début du chapitre I a été publié, dans " La Pensée Orthodoxe " (en russe) vol. VII, Paris 1949, pp. 20, sous le titre : " Les Limites de l'Eglise ". Le chapitre IV a été publié dans " La Pensée Orthodoxe " (en russe), n 11, Paris 1957. pp. 28, sous le titre: " L'Eglise Catholique ".

La présente étude est le chapitre III du plan. Nous le publions en premier lieu, parce qu'il est essentiel pour la pensée du Père Afanassieff, et lui-même le considérait comme central dans " Les Limites de l'Eglise ".

D'après les nombreux brouillons et variantes de ce chapitre que nous avons retrouvés dans les papiers du Père Afanassieff, on peut voir à quel point il tenait à cette étude de la doctrine de Saint Paul sur l'Eglise. Il s'en est inspiré pour ses oeuvres les plus importantes, par exemple: " Le Sacrement de l'Assemblée " dans "Internationale Kirchliche Zeitung", Bern 1956, Heft 4 pp. 200-213, "La table du Seigneur " (en russe) Paris 1952; " L'Eglise qui préside dansl'Amour " dans " La Primauté de Pierre dans l'Eglise Orthodoxe ", Neuchatel 1960, et surtout " Una Sancta " dans " Irenikon " 36 (1963) 4, 436-75 qui est en même temps en quelque sorte, un résumé et une conclusion des "Limites de l'Eglise ".

Nous tenons à exprimer ici notre gratitude aux Pères du Monastère de Chevotogne, ainsi qu'au professeur A. Fyrillas pour nous avoir aidé à réviser cette étude (Note des Traducteurs).

[2] Sous presse, en russe. (N. du Tr.)

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